14 nov. 2018

[CR] Marathon de Dublin

Courir un marathon à l'étranger, je l'avais déjà fait, 2 fois en Suisse (Genève et Lausanne) et on ne peut pas dire que le dépaysement nous faisait nous sentir ailleurs sauf peut être au niveau du porte monnaie!
Dublin me paraissait donc être une "première": changement de décor, de culture, de langue...
Nous arrivons en famille dans la capitale irlandaise quelques jours avant la course pour profiter des visites qui s'offrent à nous mais je vous reparlerai très vite de tout ça dans la rubrique "Voyages".

Ce marathon je ne vais pas le courir seule mais avec mon "petit" frère pour qui se sera une grande première. On décide de faire chacun notre course mais de se savoir chacun en train de courir fera partie intégrante de ce marathon.

Le matin de la course, le réveil me parait aux aurores, même si je suis réveillée depuis un bon moment en train de chercher sur mon téléphone quelle est l'heure exacte! Oui dans la nuit du samedi au dimanche il y a eu le changement d'heure en France mais aussi en Irlande, j'ai eu un doute pour savoir si mon réveil a fait le changement ou pas...
Au pire on sera une heure trop tôt sur la ligne de départ!

Nous voilà donc bien réveillés, prêts à partir à l'assaut du Merrion Square, lieu de dépôt des consignes. Mais avant il faut marcher et pas qu'un peu, environ 2.5km, cela nous tiendra lieu d'échauffement car le temps est frisquet ce matin (environ 2°C)

Arrivés sur place, l'effervescence des grands jours est bien présente. Tout autour de nous on entend parler toutes les langues, l'euphorie est palpable! Il faut ensuite marcher encore pour atteindre les sas de départ (bleu pour nous)
Les bénévoles nous guident avec leur drôle d'accent "Follow the balloon, follow the balloon!" on veut bien mais il est où ce blue balloon!!! C'est bon on le voit au loin, on se trouve une place au soleil pour patienter. Les bénévoles nous lancent des "break a leg" quand on passe à côté d'eux, une façon de souhaiter bonne chance, même si il serait malvenu de se casser une jambe aujourd'hui!
8h58, les élites vont bientôt partir, le silence se fait dans les rangs des coureurs, puis l'hymne irlandais retentit...repris en chœur par les coureurs qui nous entourent, c'est un moment assez unique, j'en avais entendu parlé pour la marathon de New York, mais je ne m'y attendais pas ici...Une vague de frisson me parcourt à moins que se ne soit le froid...
Puis le départ se fait au rythme des hourras des spectateurs.
(les photos de moi qui vont suivre ont toutes été prises dans le dernier kilomètre d'où ma tête de zombie^^)
On commence par un tour en ville où je reconnais certains monuments; St Patrick Cathedral, Dublinia...ensuite on traverse la Liffey, direction Phoenix Park.

Au moment de notre visite au salon du marathon, j'ai pris soin de récupérer un bracelet d'allure avec l'objectif que j'aimerai atteindre, dessus il y a les temps de passage à chaque miles (et non kilomètres comme j'ai l'habitude) comme ça je me sens un peu moins perdue...

Les jambes répondent bien, je suis dans le tempo idéal, il y a une ambiance folle autour de moi. Le public est présent partout, le soleil aussi et c'est vraiment agréable de courir aujourd'hui.
Je sais que normalement je vais voir ma petite famille quelque part dans ce parc et ça me motive. Je sais aussi que Phoenix Park m'a interpellé quand j'ai regardé le tracé de la course: une ligne droite de 3 miles, ça risque de paraître long!
Tout au début de cette longue ligne droite, j'entrevois les bonnets de mes filles, je leur tape dans les mains et je continue, reboostée pour la suite.
Malheureusement je n'aurais pas la chance de croiser un daim ou un cerf (qui vivent très nombreux en liberté dans le parc) sûrement trop effrayés par les milliers de coureurs.
crédit photo: Ramsey Cardy/Sportsfile

Après un passage hors du parc et un demi tour aux abords d'un château digne d'une légende irlandaise, nous revenons dans la verdure (ou plutôt dans l'orangure^^), la foule est toujours aussi présente puis on retraverse la Liffey direction le semi-marathon.
Le parcours est loin d'être plat, je l'ai vite compris et les petites côtes succèdent aux trop courtes descentes mais j'arrive à garder un rythme constant.
Juste avant l'arche du semi, je recroise ma petite famille bien courageuse! Je suis tellement contente de les voir que j'en oublie de leur laisser mon bonnet et mes gants comme je l'avais prévu depuis quelques kilomètres...

Pas grave, je les enlève et je les garderais à la main pour la suite de la course, car je sais que je ne les reverrai pas, la partie que l'on va attaquer maintenant étant bien trop loin de la ligne d'arrivée.
Je passe l'arche du semi en 2h05m03s, je m'étais fixé 2h05min, c'est parfait! Je marche quelques mètre pour me ravitailler, comme je l'avais prévu, et c'est reparti!
Mais tout allait trop bien...à partir du 23ème kilomètre, je commence à avoir des fortes douleurs à l'estomac et je dois m'arrêter sur le bas côté pour vomir (moment glam du récit...désolée) A partir de là ma course est finie, j'ai vraiment mal au bide, et j'essaye de courir de mon mieux, en marchant (et vomissant) régulièrement...

Je ne vais pas épiloguer sur cette seconde partie, j'essaye de m'accrocher pour finir, je pense à mes filles, à mon chéri, à mon frère qui doit courir dans ce peloton...J'essaye de m'imaginer en train de courir un peu avec eux, ils m'encouragent mentalement et ça m'aide à avancer même si je dois marcher un peu (environ 100m) tous les kilomètres (miles? je ne sais plus)
Ce dont je me souviens c'est l'ambiance, les encouragements, les gens qui offrent des ravitos tous les mètres, les étudiants qui forment une haie d'honneur quand on passe devant l'université, les enfants qui tapent dans les mains, rien que pour ça je trouve la force de continuer.
Je passe enfin la ligne, déçue de mon chrono, forcément, mais contente d'avoir couru ici et d'avoir fini ce marathon.

Je récupère la (très belle) médaille et mon t-shirt finisher, j'ai du mal à retrouver mon anglais pour remercier encore une fois tous les bénévoles...(qui ne sont pas avares en free hugs, une fois la ligne d'arrivée passée)

Puis j'essaye de me repérer dans le dédale des rues pour retrouver mes supporters préférés qui commencent à avoir un peu faim (contrairement à moi)
Je me pose un peu et essaye de comprendre ce qu'il vient de m'arriver sur cette seconde moitié de course...le froid? un truc qui n'est pas passé au ravito? la fatigue des longues journées de promenade d'avant course? (ah non là j'aurai eu mal aux jambes pas au ventre!)

J'aurai au final ma réponse dans la nuit suivant la course (et les quelques jours qui ont suivi) en fait je couvais simplement une bonne gastro (2ème moment glam du jour) et elle a trouvé la bonne idée de se déclarer pendant la course...et j'ai contaminé le reste de la famille pour la fin du séjour...oops!
Voilà un impondérable auquel je n'avais pas pensé pendant ma prépa et qu'il était malheureusement pas prévisible...

Il faudra refaire un marathon pour avoir 2 semis parfaits!
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2 commentaires:

  1. bravo malgrés le mal au ventre super temps et sur marathon fini félicitations aussi à ton petit frère marathonien pour la première fois gros bisous des Trucidiens .ps merci pour ce superbe récit .

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  2. Aie... Je ne savais pas Marie ! Je ne t'ai pas vu depuis un petit moment. Quelle persévérance ! 20kms avc une gastro, chapeau!

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